Vendredi 11 juillet 2008


THE CURE...............A Forest


Bon encore un texte déjà publié, mais comme je vais fermer l'autre blog........Et puis c'est les vacances!


Quelques jours qu'elle ne se sentait pas si bien que ça...Des mots de tête violents, des nausées au réveil, une hypersensibilité aux odeurs...Etrange...Elle pensait bien à une grossesse, mais sans rapports sexuel ça lui paraissait difficile! Les histoires de petits Jésus nés par hasard il y avait longtemps qu'elle n'y croyait plus!

Bref, pas la grande forme....Elle se leva dans un semi brouillard...Vertiges, mal au coeur...Et pourtant elle avait bien dormi...Une gastro? Peut être il y en avait tellement à cette saison! 

Des réminiscences d'un rêve fort agréable s'effilochaient au fur et à mesure qu'elle buvait son café. Elle ne se souvenait plus de grand chose, mais l'humidité entre ses jambes lui laissait penser qu'il avait été fort sensuel...Elle revoyait bien un homme...Mais, le rêve fuyait inexorablement..

Elle soupira. Il était temps qu'elle se trouve un mec! Même pour une nuit...Bah tout vient à point pour qui sait attendre. Un sourire se peignit sur son visage.

Détour par la salle de bain, puis direction le boulot.

Le soir, comme d'habitude le tram était bondé et elle ne pus monter dans le premier. Elle attendait le second, patiente, réfléchissant aux mille choses qu'elle avait faites: les dossiers administratifs, les mômes en détresse à qui il avait fallu d'urgence trouver une famille d'accueil, les fin de droits à qui il fallait donner des conseils...Des fois ce métier d'assistante sociale lui pesait....C'était trop, trop dur...Elle aurait volontiers balancé le tout aux orties pour partir loin!
Ou vendu son âme au diable pour qu'il la débarrasse de cette putain de misère...
Marre! Ras le bol! ....Demain cocooning et médecin et qu'ils aillent se faire voir!

La nuit était tombée depuis longtemps, qu'est ce qu'il foutait ce con de tram...Et puis le froid de décembre était plus glaçant, plus piquant...Et pour couronner le tout un brouillard dense...

Elle sentit une présence à ses côtés...Enfin, elle sentit que quelqu'un la regardait dans la nuit...Pas spécialement paniquée, mais pas super à l'aise non plus. Elle serra dans sa poche le couteau à cran d'arrêt qu'elle avait confisquée à un môme ce matin...Pas qu'elle sache s'en servir, mais bon, on ne sait jamais..

Elle s'écarta un peu et s'assit...Dans le reflet d'une vitre elle voyait l'inconnu qui était arrivé sans bruits.
Grand, les cheveux noirs tirés vers l'arrière, un pardessus sombre, vraisemblablement en cachemire...Un visage de cendre...Pas réellement beau... Au mieux attirant....Mais, il dégageait une aura étrange...Elle se sentait mal à l'aise
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Le tram arriva enfin...Elle se précipita à l'intérieur...L'homme la suivait du regard, un pâle sourire aux lèvres.

Chez elle, canapé et télé! Zou!

Elle s'endormit rapidement bercée par le ronronnement de la télévision.
Dans un coin de la pièce une brume s'éleva lentement, prenant peu à peu la forme d'un homme. Assez semblable à l'inconnu du tram, il avait cependant les traits plus fins, le regard plus sombre. Il s'alluma une cigarette avec des gestes de dandy. Tranquillement il la contemplait.
Trois nuits qu'il la visitait...Quarante nuits avant qu'elle ne demande son aide ...Plus long que d'habitude, mais il lui avait longuement soufflé ce mot à l'oreille...
Pourtant, il devait encore s'occuper d'elle cette nuit encore et susurrer les cantiques...
Sa main caressa les fines boucles brunes, des mots étranges sortant de sa bouche...
Somnambulique, elle ouvrit des yeux vitreux.
" Viens!" ordonna l'homme, simplement.
Elle se leva et lui prit la main. Par la fenêtre il s'élevèrent dans le ciel...Ils flottaient dans les airs, traversant l'éther. Elle ne semblait pas consciente, ni même éveillée....Ils arrivèrent dans une chapelle désaffectée. Tendue de lourdes draperies carmins, des bougies noires brûlants dans des bougeoirs d'argent, une lourde odeur d'encens...Au centre un lit à baldaquin aux draps cramoisis. Il l'allongea délicatement..
L'inconnu du tram  se tenait assis dans un coin, sur un lourd fauteuil de bois finement sculpté. Il contemplait la scène.
" C'est bon? demanda t-il
- Non Balthus, encore cette nuit et elle sera à toi.
- Tu es lent Krengrid, trop....
- Elle résiste plus que les autres! Et si cela ne te convient pas....
- S, si....mais j'ai soif d'âme et il me faut un fils!
- Ce sera fait...Jusque là les embryons ont tous été rejetés....Comment je n'en sais rien! Tais toi et laisse moi faire!"
L'homme, croisant un bras sur sa poitrine, ralluma une cigarette et contempla longuement le corps...


 

1133683940-small.jpgil ne comprenait pas pourquoi la semence de Balthus n'avait pas encore fécondée la femme. Elle était pourtant celle qu'il fallait...
Il s'approcha et doucement la déshabilla, murmurant des mots que même les Dieux craignaient...Elle était belle, sa peau satinée reflétant les lueurs des bougies, ses seins légèrement durcis...Il commença à parcourir son corps en se déshabillant

Elle sentait dans son rêve une main sur son sein, une main douce d'homme. Puis elle sentit la main glisser sur son ventre, tandis qu'une bouche parcourait lentement ses tétons durcissants...La main atteignit son sexe ...Douce chaleur...Elle sentait des vagues de plaisir la parcourir. Rêve charmant! En fond sonore la télévision ronronnait toujours...Elle se tortilla sur le canapé, gémissante.
Maintenant, une bouche langue léchait son clitoris, elle se cambra sur les accoudoirs, arquées dans cette caresse fantasmagorique.giclee-61.jpg

Un orgasme puissant la secoua....
Elle chut du canapé.

Et se réveilla allongée sur un immense lit à baldaquin!

Un homme, celui de son rêve de la veille, se redressait.
Un autre, celui de l'après midi, se tenait debout, nu, un sexe dur dans la main.

Le rêve prenait une tournure étrange...mais qu'importe!
"Qui êtes vous?
- Tais toi....feula le premier des deux hommes.
- Pourquoi être si dur? Ce n'est qu'un rêve non?
- Oui, rassure toi" La voix du second homme était chaude, entêtante...sensuelle aussi!
"Veux tu de moi?....interrogea t-il
- Pourquoi refuserais je?
- Réponds!
- C'est un rêve.....Je parle à un inconnu dans mes rêves! Et il me demande mon avis...Bien sur gros malin!
- Soit...."

Le second homme s'avança tandis que le premier reculait...Il tendit ses mains fermes, rapeuses vers la peau douce...Il embrassa la jeune femme, presque sauvagement tandis qu'une main avide parcourait ses courbes. Elle pencha sa gorge, lui offrant un accès plus aisé à son buste. Les baisers se firent plus doux, myriade de papillons l'effleurant..
Il la poussa et vint sur elle...Sur le tapis de son salon elle était allongée, la main parcourant son entre jambe..
Un sexe dur la pénétra...Les va et viens d'abords lents s'accélérèrent...
La TV renvoyait l'image d'un corps ondulant..
Soudain, tous deux s'arquèrent, tendus à l'extrême ....Dans un cri unique ils clamèrent leur plaisir!



Elle se réveilla...La dureté du sol, un corps endoloris et surtout un liquide tiède qui coulait entre ses jambes.
Elle venait enfin, après quarante nuits  d'accepter un enfant qui serait unique....

Sur la table basse une encyclopédie laissait dépasser ces quelques mots:
"Suivant le dictionnaire Quillet, l'incube est "un démon mâle qui est censé prendre un corps pour abuser d'une femme endormie ou transportée au cours du sabbat"


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Vendredi 20 juin 2008


METAL URBAIN...Crève Salope!

Bon c'est primaire, mais j'aime bien moi...Je suis primaire en fait!


Ce soir je remets un texte qui était sur un ancien blog que je vais fermer. J'ai pas envie de les voir disparaitre ces textes alors...


Une petite ruelle, dans un quartier plutôt populaire. Au fond de l'impasse, une petite boutique tenue par un petit bonhomme. Il vend des marionnettes. En bois.
Il est petit, l'observateur l'a déjà vu, mais si on le regarde de plus près, on remarque: une calvitie déjà bien avancée, des lunettes, cerclées, de métal gris, un nez d'aigle, un visage parcheminé et une peau qui tire sur le gris.
Un peu plus bas une vieille blouse à la couleur incertaine, maculée de copeaux et de colle. Une paire de pantoufles complète l'ensemble. La démarche est traînante.
On lit aussi, si l'on est attentif, une certaine méchanceté sur ce visage. Oh! Rien de terrible! Mais les yeux chassieux et fuyant n'invitent pas à la conversation.
La boutique est à l'image du propriètaire.

 


 

 
Une petite fille qui passe par hasard dans cette petite ruelle. Elle n'y est jamais passée, n'aura jamais du y passer si elle ne s'était égarée. Une jolie fillette de 7ou 8 ans, vêtue chaudement en raison du froid de cette fin d'après midi. Elle vient d'un milieu aisé, le duffel coat a l'air coûteux.
Elle est là parce qu'elle a voulu se promener, et qu'elle est allée dans un quartier qu'elle ne connaît pas. Elle ne s'inquiète pas trop, parce qu'elle sait qu'il n'est pas trop tard.

Elle s'arrête devant la vitrine, sur laquelle on peut lire "Le Temps des Poupées.
Maison fondée en 1878. ". Pourquoi?
Parce que tous les enfants sont curieux, lorsqu’ils voient des marionnettes, même si celles-ci sont poussiéreuses et ont perdu leur lustre. Elle regarde fascinée.
Un sursaut...
Elle vient d'apercevoir le vieil homme qui lui aussi la regarde...Elle a un peu peur. Le bonhomme n'a pas l'air engageant! Mais il agite une bien belle marionnette, une sorte de Pinocchio bariolé, qu'il fait valser, pirouetter, danser. De l'autre main il l'invite à entrer...
Elle hésite. Sa maman et sa gouvernante l'ont tellement prévenues... Mais que risque t-elle au fond? Elle saura toujours courir la plus vite.
Elle pousse la porte. Un carillon charmant l'accueille. La boutique est bien lugubre, sent le renfermé et le pipi de chat, mais elle n'y prête guère attention. Le carillon la fascine. Il ruisselle en notes cristallines.

Le vieil homme s'approche. Lui aussi sent mauvais...Un mélange de vieux tabac, de cachou et de colle à bois.
" Bienvenue Mademoiselle. Puis-je vous être utile?" Sa voix est pareille à celle du carillon! Etrange constat!


" Eh bien, euhhh, pardon, mais je suis perdue je crois Monsieur. Si vous pouviez m'indiquer le chemin pour rentrer chez moi rue de G.....Ou à défaut si vous me permettiez de téléphoner à ma maman. S'il vous plait.
- Tu veux rentrer par un si bel après midi de printemps? Pourquoi?"
Interloquée, la jeune fille regarde à l'extérieur. Le ciel est radieux, des hirondelles volètent. Il semble faire doux. Elle se frotte les yeux, mais la vision ne disparaît pas.
" Mais nous sommes en hiver!
- Bien sur que non! Nous sommes le 25 du mois d'Avril...Une belle journée de printemps..." La voix est la même, peut être plus ferme.
" Mais, Monsieur, quand je suis entrée nous étions le 24 Décembre! Cela est impossible....
- Voyons regardez par vous même Mademoiselle, nous sommes en plein été...."
Dehors la chaleur semble lourde, l'orage menace....
" Mais...C'est un mirage, vous êtes un magicien?
- Non, enfin si un peu! Mais c'est un secret d'accord?
- Oui! Oh Oui! Montrez moi un tour s'il vous plait!
- Vous le souhaitez vraiment? Un joli tour, mais rapide alors? Votre mère va s'inquiéter! Le temps passe si vite quand on s'amuse...
- Oui, rapide! Merci Monsieur!"

Le vieil homme boitille jusqu'à son établi et s'empare d'une poupée de bois représentant un personnage étrange. Un gavroche, un vrai titi parisien, dont les yeux sont deux sabliers. Il s'approche doucement, le faisant se déhancher en une courbette comique.

La fillette éclate de rire.

Puis le pantin entame une série de pirouettes complexes. Les sabliers se vident et se remplissent plusieurs fois.

La petite fille est fascinée.

L'homme fait encore exécuter quelques tours au bonhomme de bois, avant de terminer par une révérence gracile cette fois.

La petite ne dit plus rien, rêveuse; elle applaudit.

Une bourrasque de vent la fait frissonner et elle se rend compte que l'hiver a reprit ses droits à l'extérieur. Quel fabuleux magicien!

Elle se retourne vers le vieil homme....

Personne! Il n'y a plus personne!
La boutique est vide et froide....

Elle va pour sortir...Une main la cueille doucement et la range dans une boîte de carton.

Dans une petite boutique, dans une petite ruelle, un vieux petit homme range délicatement une boîte sur une étagère. Il marmonne...
Dans la boîte, une marionnette représentant une fillette de bonne famille....Seule bizarrerie: ses yeux sont des sabliers.


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Lundi 19 mai 2008



NOIR DESIR...Pyromane (en live c'est le meilleur!)...

Bon ce soir c'est du sérieux! Finis de déconner avec les abeilles (pas les guêpes Margot....:-)))

Y a ma copine
Cara Mia qui m'a filé des photos d'elle...Juste histoire que je fasse mumuse quoi...
Merci à elle! Allez vamos!

Pot de fin d'année. Chiant comme il se doit! Avec l'inévitable taboulé, cake aux olives et vin rouge à pas cher...Mais qu'est ce qu'elle fout là?

Le principal termine son discours niais, on remet les cadeaux aux retraités.

Bang...Bang...bang...

 Jeanette, la prof de bio bordelisée à mort, venait de recevoir un superbe ficus et une trousse de broderie, sa passion...

Martelin, le gros con raciste qui enseignait les maths avait hérité d'une canne à pêche. "Vu ce qu'il picole peu de chances qu'il s'en serve longtemps!", pensa t-elle, "A moins, que la chirose ne fasse des merveilles sur les poissons..."

Elle pouffe, quand l'autre abruti manque se vautrer en tombant de l'estrade. Regard navré de l'assemblée.

Elle se retient pour ne pas mourir de rire...Faut dire que le punch maison de Carole, la documentaliste martiniquaise tape. Tant pis, un verre de plus à la santé de Martelin et des innombrables mains baladeuses qu'il avait laissé trainer durant sa carrière!

Bang...Bang...bang...

" Oh: Doucement Moncoeur...Tu vas finir saoule comme une polonaise que tu n'est même pas!"

 Lisa, sa copine de l'infirmerie. Elle l'appelle toujours comme ça, Moncoeur, d'une seule traite, comme une latte que l'on tire sur un joint.
Une jolie brunette, la trentaine, mariée, pas vraiment volage, mais suffisament sympa pour qu'elles deviennent copines.

" T'inquiète! Je bois à la santé de Martelin et de son foie!"

Elle explose de rire, provoquant le regard courroucé des agrégés, clan à part, qui dissertaient sur les résultats inévitablements calamiteux du Brevet des colléges.

Elle les regarde, dédaigneuse, hésitant à lever un doigt vers Voiriot, lettres classsiques, 25 ans de dévouement à l'Educ Nat et à La Camif. Vacances Ligue de l'Enseignement, séjour linguistique en immersion pour son ainé, un monospace, et un chien. Un parfait connard selon son avis hautement subjectif!

Bang...Bang...bang...

" Gaffe quand même Moncoeur, je te ramène, mais tu fais pas comme l'année dernière à insulter cette pauvre Lambret!
- Lambret est une conne.
- Pas faux! Mais c'est la principale adjointe...
- M'en fous...Putain mais pourquoi ils me matent comme ça les mecs?
- A ton avis Moncoeur?"

Le sourire de Lisa est on ne peut plus narquois...

Bon c'est vrai qu'elle avait un peu abusé question fringues! Entre la jupette ultra courte et le pull vaporeux, un régiment de moines aurait hésité, mais les bas noirs avec les escarpins...

Provoc quand tu nous tiens!

Mais elle trouvait ça fun!

Allez hop repunch! Légére sensation d'ivresse...Euh non ça, commençait à tanguer un peu quand même!

"Bah, c'est pas tous les jours que je m'amuse aussi follement..."
Bout de cake gras, verre de vin...

Bang...Bang...bang...

Il était là.

Seul.

Comme d'habitude.

Pas forcément son type de mec...Un bon mètre 80, carrure de rugbyman. Cheveux ras, une légère brioche...35/40 ans? Un peu trop ado attardé....

Prof d'Allemand...Autant dire de langue morte!

Il porte un vieux jean, T-Shirt siglé "Death To The Pixies", avec le singe dessus...Rangers noires.

Bon il jure un tout petit peu à côté de Wieslkac, l'agrégé d'histoire, auteur d'opuscules obscurs et fervent partisan du Christ roi...

Il ne dit rien, pour changer!

Une tombe ce mec...Arthur? Oui Arthur Leprest...Elle avait bien tenté de lui arracher trois mots dans l'année (ils partageaient ces crétins de 6èmeB), mais il avait répondu par des borgborymes, avant de fuir sous un quelconque prétexte!

Tsss savait pas ce qu'il ratait!

" Mignon hein Moncoeur?
- Bof...Trop costaud...Puis pas abordable...Et puis...Mais tu cherches à me caser ou quoi?"

Rire simultané! Le punch réussissait aussi bien à elle qu'à Lisa!

" Non...Mais tu as l'oeil en chasse toi...
- N'impote quoi! D'ailleurs je suis sure qu'il est encore puceau...
- Ah bon? Tu vois ça à quoi?
- A ce qu'il ne m'a pas reluqué de l'année!"

Elles sont pliées de rire! S'allument une clope, merde à Evin et à sa loi!

Bang...Bang...bang...

Leprest les regarde.

Oeil sombre, regard dur, mais sans animosité....Wieslkac a l'air de l'emmerder!

" Remarque t'as surement pas faux! Il est jamais venu se faire "soigner"...
- Tu vois...!"

L'infirmerie...
Tous les profs hommes y passaient pour des mots de tête ou de ventre imaginaires. Lisa ne les laissait pas indifférents...Mais elle restait fidèle!

Elle avait même inventé un remède: le Dolismecta...Un cachet blanc à base de rien qui soignait les ventres comme les têtes!

" Bon bin t'as qu'à lui parler Moncoeur...
- Et mais dis donc toi...Je parle si je veux aux ours moi! Et les ours puceaux...
- Tsss! Même pas cap'!
- Ah bon? tu crois ça...On parie quoi?
- Une caisse de Saint Joseph? Et un resto...
-Ok...Mais ce sera juste un baiser ok?
- Ok!"

Elle doit avoir le cerveau bien allumé par le punch!
 Pari stupide...

Bang...Bang...bang...

A cet instant, Carole, la jolie métisse passe, un stick d'herbe à la main.

" Euh..Excuse moi Carole, mais t'as pas de quoi me dépanner?
- On le fume ensemble?
- Euh...C'est à dire que.."
Son regard pour Leprest la trahit. Carole éclate de rire.

"Tiens, il est pour toi...Je parle du oinj! Le mec...Mal barré! Puceau c'est sur!
- Meuh non!
- Meuh si!!
- Toi non plus il t'a pas maté?
- Non et il a refusé un resto avec moi...Puceau ou homo!"

Moncoeur sent le sien battre. Elle s'avance vers lui. Il est seul. A l'air de s'emmerder avec sa Camel coincé au bord de sa lèvre...

Bang...Bang...bang...

" On va faire un tour?" Le direct live! Pas dans ses habitudes à elle! Mais l'alcool ça désinhibe vachement y a pas à dire!

".....
- Oui mais encore?
- Bof...Si tu veux.
- Allez viens!"

Direction les bosquets. Ils s'assoient. Le pétard est prestement allumé. Senteur âcre et douce de l'herbe premier choix! Elle avale.
Bang! Etoiles dans la tête...
Elle lui tend...

Il tire.
Retiens la fumée.
Recrache lentement.
Esquisse un sourire.

Bang...Bang...Bang...

Ils sont raides. Tous les deux. Il est toujours aussi mutique, mais sourit.

Elle tend une main pour reprendre le bédo...Il la choppe au vol et l'attire à lui.
Baiser long, lent, chaloupé....

Whouaaaa....

Il l'entraine vers le bâtiment.

Cabinet de travail des matheux...

Il ne cesse de l'embrasser, de la parcourir, de la caresser...Mains habiles et baladeuses qui otent son pull.



Langue agile, mains qui se proménent de seins en seins, qui descendent jusqu'au saint des saints.

Les boutons sautent.

Elle sent le renflement dur de son jean. La bosse qui ne trompe pas!

Précision de ses gestes, douceur...

Elle est allongée maintenant sur une table...

Elle tente de défaire le pantalon. Il la repousse doucement.

Intimité parcourue, frissons, le cerveau en charpie...

Bang...Bang...Bang...

Elle est secouée par le spasme, échappe un cri.

Il se redresse. Elle le veut! Là maintenant!

Mais qu'est ce qu'il fait ce con?

Il rallume le joint? Comme si c'était le moment!

" Merde! Tu fais quoi là!?
- Je fume...
- Mais...
- Chuuuuttt....."

Elle tire une taffe, ferme les yeux. Les rouvre.

Bang...Bang...bang...

Personne! Il n'y a personne!

Elle se rhabille, la tête en vrac, fonce dans la cour.

Lisa est là.

" Tu faisais quoi Moncoeur?
- Bin j'étais avec Arthur?
- Leprest?
- Lequel nigaude?
- Mais il est pas venu? T'es sure que ça va?
- Mais le pari....
- Quel pari?
- Arrêtes de me faire marcher...Tu sais bien!
- Oulà! T'as abusé du punch Moncoeur... Va te coucher un moment à l'infirmerie.
- Oui...Vaut mieux je crois..."

Rêve éveillé? C'est quoi cette histoire.
Elle s'allonge sur le lit, farfouille à la recherche d'un chewing gum. Un papier tombe.

" Non je ne suis pas vierge Mademoiselle. Et je vous attends sur le parking."

Bang...Bang...Bang...



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Dimanche 24 février 2008

Joey Starr - Meteque
envoyé par soprano4400

Ok je sais y en a qui vont se dire que pour un Grand Départ c'était un peu court....bon je n'ai pas la prétention d'être parfait non plus, et il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis....

Par contre ce qui va changer c'est ce blog. Je vais le passer en adulte et délaisser complétement l'autre. Comme ça quand j'aurai envie de parler de cul je pourrai....Mais globalement ça devrait rester assez soft...

On attaque avec Joey STARR-Météque....Reprise étrange de la chanson de Moustaky(i?) je l'accorde, mais ce mec a une puissance vocale qui m'impressionne...

"Ok, ok! C'est pas que la vie soit dure non! C'est pas ça! Mais quand même vous trouvez pas que...."

Il me gonflait le semi poivrot qui me tenait la jambe dans ce bar pourri du XIVème.

Déjà sa tronche lie de vin où surnageait un nez patatoïde, violacé et boursouflé aurait fait fuir un bataillon de pitt bull, mais son discours vaguement politico-racisto-facho me prenait la tête sévére!

Je lui aurai bien défoncé sa gueule de connard! Un grand coup de boule pile sur l'arrête du nez, puis finition à la Ranger's.
 
Mais bon, je pouvais décemment pas m'attirer des emmerdes là maintenant.

Pas quand on se balade avec un kilo de coke sur soi...Et que cette dope ne vous appartient pas de surcroit!

Je subissais donc.

Payant le coup de temps en temps histoire qu'il se souvienne de moi.

Un alibi en or ce gars!

Il serait surement tellement bourré qu'il oublierait notre rencontre, mais le patron se souviendrai, lui, des canons de rouge et de notre départ bras dessus bras dessous.

Plus qu'un quart d'heure de toutes façons! Je donne la poudre à Slim' qui va direct chez Le Grand Argentier récupérer les biftons.

Puis cassos direction le Sud!

C'est cette merde d'ANDONI qui serait bien énervé quand il apprendra la disparition de la marchandise. M'en foutais royalement!

Joli plan d'arnaque. Slim' et moi on prenait la coke à Andoni gratos! En échange il se réservait 70% des bénefs et le droit de bien nous pourrir si le deal marchait mal.
On avait deux jours pour écouler le stock, et pas un de plus. Sinon, les copains du guguss viendraient nous rappeller que le temps c'est de la thune et qu'on devait faire les 3/8 en 23h00.

Vu que c'était du domaine du quasi impossible, on était monté voir Le Grand Argentier, Slim' et moi.
Il aimait pas ni les arabes, ni les noirs ce con, mais quand on (enfin je...) lui eu bien présenté le deal, il écrasa.

On lui ramenait la coke GRATOS, il payait cash les 3/4 de ce qu'on aurait gagné si on l'avait vendue, puis il se chargeait de la fourge.

En la coupant à mort.

Et bien sur en disant à ses mules de bien signaler que le produit était Made In Andoni!

Y allait avoir du grabuge dans les narines...Et entre caïds aussi.

Mais ça on s'en foutait! Le but c'était de partir avec suffisamment de fric, de louer un bateau aux Antilles et de devenir skipper pour touristes friqués! Y'aurait peut être moyen de fournir un peu de la beuh que ces crétins n'allaient pas manquer de nous demander.

Donc des couilles en or...

Le saoulard dégoisait sur les arabes au moment où Slim' entra. Je sais pas si c'est les 100kg ou la balafre pleine figure, mais il s'arrêta net.

Je lui payais un autre coup de rouge, puis je lui dit gentimment que je devais aller faire pleurer le colosse. Il s'esclaffa et partit dans un délire sur la taille supposée de ma queue...La bite des noirs...Vaste sujet! Je rigolais jaune, mais je rigolais quand même. Slim' buvait tranquille un café.

Arrivé au chiottes, je mis la moitié de la marchandise dans la chasse d'eau.

L'autre moitié c'était ma pomme qui allait la fourguer à quelques bobos que je conaissais bien....

Le Grand Argentier n'était pas au courant qu'il aurait du vendre un kil' et pas 500grammes. Tant pis!

Je retournai en salle, l'esprit on ne peut moins libre. Mais, c'est pas de la vente de courgettes à Auchan non?

Mon alcoolo était ravi de me revoir.
" Dites voir...." que je lui dit
- Vous voudriez pas qu'on fasse la tournée des Grands Ducs?
- Eh mais chuis pas PD moi!
- Mais non, Monsieur, je viens de gagner au loto, et comme j'arrive direct de ma savane j'ai pas d'amis avec qui fêter ça!
- D'la savane? T'es comme qui dirait clandestin alors!
- Bah...Avec mes sous je me ferai un joli passeport! Et même une carte d'identité! Je veux dévorer de la gazelle blanche moi!"

J'avais prit un espèce d'accent à la con digne de Tintin au Congo....moi qui étais né au bord du canal de L'Ourcq et qui n'avait quitté le 93 que 'une fois pour aller faire mon service en Auvergne.

Il étouffa de rire.
" Allez mon gars, on y va!"

On sort pépére du rade.

Slim' buvait un deuxième café. Impassible.

J'emmenais mon gus, qui cette fois m'entretenait sur la qualité de la viande de singe, vers un Monoprix...

Rayon vin qui font du bien! Chers! Il choisit en connaisseur qu'il n'était certainement pas...Mais pas de la merde non plus...

Lesté d'une demi douzaine de rouge, il me demanda où c'est qu'on allait. Chez moi que je lui répondit. "Pas chez les Papous!" éclata t'il de rire. Pauvre con.

Chez moi c'était une piaule minable dans un hôtel à Maliens....Qui allait surement cramer sous peu...

Je montrais la chambre à pépére...Il gouta peu la déco...Y avait de quoi!

Je farfouillais un instant pour trouver de quoi dépuceler les bouteilles.

Et c'est le bruit de la balle qui monte dans la culasse qui me fit comprendre qu'il y avait une merde.

Je posais doucement l'outil, les mains direction le haut...

La voix qui sortit du gosier était différente, séche, cassante, pas le moins du monde avinée:
" Alors négro tu veux faire du travail en solo? Tournes toi lentement mon gars si tu veux pas finir au fin fond d'un canal quelcquonque."

Exécution.

Le type était le même, mais différent! Le même physique, mais l'oeil n'était pas du tout vitreux et la démarche super stable...Et puis le canon du .44 ne dansait absolument pas.

Et surtout, putain, surtout son nez était par terre! Et j'avais en face de moi Giovanni Rego...

La main droite de dieu...Si dieu est un dealer de coke et s'appelle Andoni...

" Alors bamboula on travaille plus pour Monsieur Andoni comme ça? On veut se mettre à son compte? Voir même ruiner la réputation de l'homme qui te tend la main...Pas chrétien du tout ça! On va aller lui parler, tu te confesseras devant lui..."

Le canon bouge à peine direction la porte. J'ai compris. Et putain que je flippe! Comment lui expliquer à Andoni la disparition d'un demi kilo? Le reste je mettrais ça sur le dos de Slim', je sais je suis une crevure, mais il aurait fait pareil, alors...Mais le demi kilo putain!

Quatre étage plus haut une porte. Je frappe, le canon coincé au creux des reins...

J'attends pas le entrez de rigueur. Pas avec Andoni.

Rego me suit. Me pousse plutôt!
La pièce ressemble à l'autre....En pas mieux, en pas pire...Et au centre de la pièce je vois qui?

Ce bon vieil Andoni avec sa tronche de rital mal sapé avec des fringues chéres. Et à côté..Putain! Mais c'est Le Grand Argentier lui même!

C'est quoi cette merde! Dans quoi je me suis fourré moi! Et l'autre baltringue de Slim' il est où?

" Alors mon cher Laurent. Pourriez vous m'expliquer où se trouve la marchandise que vous possédez et qui m'appartient?
Ne me dites pas qu'elle est chez mon ami Mikalovicz, il est ici pour démentir."

La voix est inverse au bonhomme. Onctueuse, calme, douce. Une voix de gentleman. Avec un Glock dans la main.

sap_jg_131207.jpg
" Monsieur Andoni, c'est que...bon je n'ai qu'un demi kilo sur moi. Le reste c'est Slim' qui l'a. C'est lui qui voulait..
- Il est où votre ami Slimane El Kahachia? Il s'est bizarrement eclipsé du bistrot où il vous avait rejoint. Après votre départ bien sur. Et par le vasistas des WC étrangemment.
- Ecoutez Monsieur Andoni, vous pouvez demander à Rego, je suis partit avec lui, sans Sim'!
- C'est vrai Signor...
- Ah bon? Et vous le connaissiez bien ce El Kahachia?"

Là on rigole moins. Vraiment moins! C'est Le grand Argentier qui vient de parler. Enfin si parler est le bon verbe. C'est tranchant comme un scalpel, froid comme de l'acier. C'est une voix de tueur.

" Bin" Faut que je me sorte de cette merde! " Bin...C'est une connaissance, rien de plus...Un gars avec qui j'ai fait affaire une ou deux fois...Il est pas de chez moi et...
- Taisez vous abruti! Vous venez de faire perdre un demi kilo de coke à Monsieur Andoni et vous aviez l'intention de me trahir. C'est grave tout ça. Donnez moi ce que vous avez, on avisera ensuite."

Je léve lentement les mains, très lentement.

Je souléve mon T-Shirt et ils sont collés contre mes abdos les jolis paquets. Bien scotché. Heureusement que je suis imberbe!
Je tire d'un coup sec. Putain de ma mère que ça fait mal. Mais c'est finalement moins pire que ce qui m'attends...Trois paquets. Je pose le tout par terre et le pousse du pied vers les trois gars.

Rego ramasse et en donne un aux deux autres.

Qui vérifient que c'est pas de la lessive aussi sec...

Et je vois comme dans un film un mec exploser la fenêtre!

Cagoule, fusil d'assaut, dernière chose avant la grenade aveuglante....

Je ramasse un coup sur la nuque au moment où la porte explose.

Mon crâne putain de sa race! Il est dans quel état? Je veux le tatonner et je peux même pas lever un bras.

J'ouvre doucement les yeux...

Y a mon Slim' qui est là!

" Alors Monsieur N'Diabaté, on est bien?
- Putain Slim' c'est quoi cette merde?
- Pas Slim' pour toi petit con! Commandant Boufiades. Brigade des stup...Dis voir petit con, tu connais l'histoire de la chèvre de Mr Seguin?
- Oui...
- Bin La Chèvre elle vient de nous ramener trois loup...Avec plein de dope dans leurs mains...et contrairement à l'original je vais la libérer.
Par contre, elle a intérêt à se barrer vite fait, parce que je lui ai mis une jolie réputation de balance sur le dos!"

Il dit ça en me détachant!

Et se barre...Mort de rire...

Et moi con de négro je fais quoi? J'avise un bouquin sur une table.

C'est une BD que j'ai déjà lu....LA LIGNE DE FUITE...C'est sur la vie de Rimbaud au Harar...C'est surement assez loin pour moi non?


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par Kaoslike publié dans : Nouvelles réalistes communauté : Ecrivains et vains écrits !
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Mardi 8 janvier 2008


Y a ces moments où l'on a...

Plus envie de rire...
Plus envie de rêver...
plus envie de parler...
Plus envie d'être là...
Plus envie de dire...

Y a ces moments....

Y 'a ces moments où l'on se sent honteux.










FIN DE GRÊVE

Jacques Cambieux entra d'un pas vif dans la salle de réunion de la société. La réunion risquait de durer et d'être dure.
Une semaine déjà que l'usine entière était en grève. C'est vrai qu'un plan social à la rentrée des vacances scolaires ça finit d'énerver l'ouvrier. Mais la direction générale avait chargé Cambieux de s'occuper de ça. Et il le faisait avec sa méticulosité habituelle.

C'était son job au sein de la Société: remettre sur pied des usines qui n'étaient pas rentables. Enfin, pas rentables à l'aune du CAC 40.

La multinationale rachetait régulièrement des faillites proches, les faisait "retaper" par Cambieux, gagnait un max d'argent dessus avant de les revendre 100 fois le prix d'achat. Juteux, très juteux pour les actionnaires qui réclamaient beaucoup!

La tactique de Cambieux était simple: délocalisation dans 70% des cas, dégraissage massif si l'usine devait rester en France.

Dans ce cas, une fabrique de faïence, il était impensable de confier la tâche à des chinois ou des vietnamiens...Le cachet, le prestige auraient disparu.
Par contre le listing des employés fournit par l'actuel directeur, Francis Masset, laissait apparaitre que bon nombre de gens pouvaient être remplacés par des machines.
Il fallait garder quelques techniciens et les petites mains qui faisaient les faïences "à l'ancienne", décoration à la main et vernissage itou.
Pas rentable, mais c'était la vitrine de la marque, donc impossible de compresser le personnel.


Cambieux avait bien étudié, calculant les risques, soupesant les gains potentiels...Il avait réussi à se mettre Masset dans la poche contre une place de directeur adjoint.
Le mec n'avait pas le choix; il est très dur de retrouver du boulot à 52 ans et qui plus est un travail aussi bien rémunéré...
Certes Cambieux avait du faire passer quelques dessous de table, quelques gueuletons dans le meilleur Relais Châteaux du coin, mais il avait trouvé, de plus, une alliée précieuse dans l'épouse de l'autre couillon.
La dame, la quarantaine siliconée et UVisée, ne voulant pas perdre ses "acquis sociaux" avait partagé la couche de Jacques...et convaincu Francis!


Le plan était rodé et normalement il n'y aurait pas du y avoir d'anicroches.
Sauf que...Sauf que tout avait merdé!
Il ne savait comment mais un ouvriers avait eu vent de la suppression massive de personnel et il s'était empressé d'alerter ceux de la CGT, de FO et de le CFDT...les trois syndicats n'auraient d'ailleurs pas pu bouger, leurs dirigeants étant tenus par les couilles par Cambieux himself.
Il avait un dossier compromettant sur chacun d'entre eux, ou sur un membre de leur famille, et les en avait informés individuellement.

Mais le pet avait glissé sur la toile cirée et si les syndicalistes n'avaient lancés aucun mot d'ordre, la base, elle, s'était soulevée d'un coup! Et personne n'arrivait à la calmer!

Le plus véhément était un certain Marlieu. Un vieux de la vieille de la faïencerie, entré à 15 ans comme arpette, en retraite dans 6 mois...
Son bagout et le respect que les autres lui portaient, étaient suffisants. Et là impossible de le faire chanter. Rien dans sa vie de veuf solitaire ne pouvait permettre à Cambieux de le coincer. Il avait, certes, fait de la taule entre 17 et 19 ans pour avoir un peu trop abimé un flic dans une manif, mais à part ça...Nada!

" Putain! " pensa t-il, avec dans le nez l'odeur du parfum de France, la femme de ce crétin de Masset, " Ca se joue aujourd'hui Jacques! Allez t'as fait plus dur, il suffit de museler Marlieu et ça roulera, les autres sont des veaux...."
Il leur avait concocté un joli plan de toutes façons: promesse de reconversion, pré-retraite avec jolies primes...La totale!

Même Marlieu baverait et cracherait au bassinet comme les autres...

Dans la pièce l'odeur, lourde, âcre, du tabac pesait. Les regards aussi.
Cambieux examina les visages. Marlieu, impassible, Masset,dans ses petits souliers, les autres attentifs, farouches. Son tour de table effectué il s'assit.

Et prit la parole.

Il débita son boniment, comptant sur l'appui discret de Masset.
Comme prévu les huit membres du comité avaient l'air d'apprécier ses propositions. Seul le regard de Marlieu était de plus en plus sombre.

A la fin il fit miroiter toutes les reconversions possibles. L'assemblée semblait être acquise à sa cause...Estocade finale, il donna le montant de la prime de préretraite....

Les questions d'ordre personnel venaient, c'était bon signe! Il affirma à Untel que oui son déménagement vers Béthunes lui serait payé, à Unetelle que non jamais on ne supprimerai les peites mains, il en allait de l'image de la faïence!
Masset appuyait ses dires...
Il parla aussi formation aux nouvelles technologies et VAE (validation des acquis d'expérience).
Il assura que tous seraient recasés. Masset n'avait il pas accepté un poste de directeur adjoint seulement? Lequel Masset opina de la tête.

Il insista beaucoup sur l'utilisation du net, des commandes numériques, de la nécessité d'être dans le village mondial...Tous avaient l'air convaincu..

Il ne lui restait plus qu'à conclure sur la fin de la grève...

Nestor Marlieu, qui n'avait rien dit de toute la réunion, se leva négligemment et jeta sur la table une poignée de photos où on voyait Jacques Cambieux et France Masset dans des positions qui n'avaient rien d'équivoque!

" C'est sur qu'c'est bien le numèriq ...R'gardez ce qu'on fait avec une imprimant' et un appareil photo numériq...Sans parler des photos qu'sont sur le oueb.."

La voix, rongée par les Gauloises, était sincère.




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Mardi 8 janvier 2008
"Allez viens gamin, font qu'on cause!" La voix rauque de Schultz, le chanteur de Parabellum, résonne dans mes oreilles....Ca parle d'un gamin qui rêve, qui rêve de s'extirper de son quotidien médiocre...Allez venez les gamins, faut qu'on cause!

Dans le petit pavillon de cette banlieue semblable à mille autres, il y a un môme...Un petit Alexis d'une quinzaine d'année....qui s'ennuie.


Il y a bien la console qui lui tend sa manette "amicale", mais il n'a pas envie d'y jouer...il n'aime pas trop ça en fait. S'il en possède une c'est bien pour faire comme ses potes du lycée....
Pas franchement associal, pas vraiment sociable, juste en dehors.

Les études ne le passionnent pas plus que ça, même s'il n'est pas mauvais.

Non il rêve...D'espaces, d'inédit, de nouveautés. Ses parents lui disent bien de s'investir, de se construire un "projet"...Le mot est un peu vide de sens; ses projets ils sont dans ses mappemondes, dans ses récits de voyages...

Il remet le film de Nicolas Vannier sur le Grand Nord...Le dernier trappeur...la banquise, l'immensité...Fascination! Suit un reportage sur le Sahara et les bédouins et enfin un Thalassa sur la marine marchande...


Un tour du monde en un après-midi d'hiver glacial.

Subitement, sur un coup de tête, il fait un baluchon rapide...
Il sent que c'est idiot, mais il veut s'évader, partir...Quelques affaires rapidement choisies, un atlas et un peu d'argent...

Dehors il respire déjà mieux.

Direction la gare! Il enquille un bus, se dit que la banlieue et ses guirlandes aux balcons sont bien mornes...C'est fini! Le vent le poussera au hasard.

A la gare le choix est restreint...Un train pour Paris, un autre pour Toulouse...Là où d'autres auraient choisis le soleil, lui préfère Paris...

C'est la porte ouverte vers la Manche, le Havre et ses portes containers...ou Boulogne ....ou Nantes et l'avant-port de Saint Nazaire...


Le train s'ébranle...
Un frisson lui parcourt l'échine..Il réalise seulement qu'il n'a pas laissé de mots à ses parents, qui ne le voyant pas à 19h30 ne manqueront pas de s'inquiéter...Un joli merdier! Mais il s'en moque... Pas qu'ils soient de mauvais bougres les vieux, mais leur vie routinière et ordonnée lui donne la nausée...Le terme est fort, mais chez lui on ne rêve pas...On se contente de mettre de l'argent de côté pour les futures vacances à La Grande-Motte. Il sent bien au fond de lui qu'il est un peu ingrat...Bah ça lui passera!

Paris Gare de Lyon...Un 24 décembre au soir...Il n'y a quasi plus personne..Le froid est mordant... Il a juste le temps d'acheter un jambon-beurre et coca avant que le Point Chaud ne ferme. Un banc...Il s'assied.

Prochain train pour Le havre le lendemain à 9h30....
Il se sent mal de dormir dans la gare...Bah c'est l'aventure!
Quelques punks à chien traînassent, un clochard lui taxe 1 euros...La faune habituelle des gares!
Il n'a pas vraiment la trouille...Pas dans sa nature, mais il fait un peu tâche dans le tableau avec ses fringues de marque.
Il s'assied par terre...Sent le vent de la mer, le sel sur ses lèvres, les vagues monstrueuses.... Il a finit par s'assoupir légèrement...
Une main lui tapote l'épaule.

Un flic! Coup de panique!

"Hé on dort pas dans les gares! T'as pas un chez toi?
- Euh...Si Monsieur L'agent...si si!
- Dégage, il est dix heure du soir! Tu files faire Noêl avec papa-maman...vite!"

Il s'échappe vite fait...Merde, quel con! Dormir là en pleine gare, un soir de Noël! Le condé a pas dû le contrôler parce qu'il paraît plus vieux, plus grand que ses quinze balais...

Il reprend sa marche dans la capitale...Nulle part où aller et se payer un hôtel faut pas y compter!

Soudain il est las...

Il s'effondre sur un banc sur le parvis Beaubourg...
Il fait quoi ici? A quoi est -ce qu'il joue?
Un bourlingueur? Tu parles! Putain la grande baffe du réel....On part pas comme ça, à l'arrache...Quel con, mais quel con!
Il sort le portable dont il ne se sert quasiment jamais....
Raccourci touche 2...
La voix de son père....

Dans le petit pavillon de cette banlieue semblable à milles autres, un 25 décembre, il y a un petit Alexis qui après s'être copieusement fait engueuler a apprit qu'il participerait au programme de la Baleine Blanche dès le 15 Janvier...
Un vrai tour du monde!

Dans ce pavillon il y a des parents qui comprennent les rêves de leur môme...........aussi.........


NdA: Sur la baleine Blanche voir ici: la baleine blanche
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Mardi 8 janvier 2008

 

Elle marchait de puis bientôt trois jours...La chaleur, le vent avaient desséché sa peau et brulé ses yeux...Pourtant elle avançait, encore et toujours....

 
 
 

Au loin elle voyait la plaine d’herbes rases et de cactus...Le paysage aride ne laissait guère d’espoir...

 
 
 

Elle allait tête basse, pas après pas, regard vide. Un improbable point d’eau devait surement être là, derrière ce bosquet...Il n’y serait pas, ou pollué par l’armée, mais cet espoir la maintenait en vie, en envie, en courage.

 
 
 

Fuite ? Ou retour ? Difficile à dire. Un homme l’attendait là-bas au bout du bout de la longue route.

 
 
 

Dans le couchant ses pas étaient hésitants, trébuchants...Mais elle s’accrochait, jamais ne cédant....

 
 
 

Elle le verrait coute que coute !

 
 
 
 
 

Soudain, au détour de la piste, le camp immense....Tentes de l’ONU, de la croix Rouge, du Croissant Rouge....Un amoncellement dépareillé et éclectique...Le dixième cercle de leur enfer...

 
 
 

Des êtres, pouvait on encore parler d’humains, erraient ça et là, guettant la nourriture chichement distribuée par des ONG débordées...

 
 
 

Elle entendait la rumeur des gorges affamées, elle sentait l’odeur fade de la maladie et celle plus insidieuse de la mort...

 
 
 

Leur avenir ? C’était à ça qu’elle était condamnée ?

 
 
 

Il fallait qu’elle le retrouve, qu’ensemble ils fuient...

 
 
 

Ses yeux s’accrochaient aux membres mutilés, aux corps décharnés, aux femmes silencieuses...Elle scrutait attentivement ce bric à brac démoniaque...

 
 
 

Un garçonnet d’une dizaine d’année court vers elle

 
 
 

« Maman !!!! »

 
Elle l’avait retrouvé...

 




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